
En ce début d’année 2026, la situation politique nationale et internationale nous expose à des dégradations sévères. Au niveau international, l’impérialisme états-unien s’impose en dehors de toute validation par l’ONU et pour des raisons économiques claires sous prétexte de « libérer » le peuple iranien qui n’a pas été aidé dans sa lutte contre l’obscurantisme religieux depuis 30 ans. Dans le même temps, Macron s’aligne sur le bellicisme étatsunien et israélien et en profite comme beaucoup de pays européens pour se réarmer et aspirer la plus grande part du budget de l’état pour la défense, ordonné par ses discours militaristes. Comment oser prétendre vouloir sauver des peuples quand on a été capable de laisser faire à Gaza ?
Tout cela a un prix énorme. La guerre est toujours le contraire de l’éducation.
L’impact budgétaire est énorme : pour la première fois depuis 1945, le budget de la défense est passé devant celui de l’éducation ! L’austérité budgétaire ne compte pas face au militarisme ambiant. L’argent qu’on ne trouvait plus pour améliorer les services publics à la population tant dans l’éducation que dans la santé ou la justice est devenu disponible pour l’armée.
L’esprit belliqueux de la défense se répand au lieu d’un enseignement à la paix et à l’intelligence critique. Si nous avons pu résister au SNU, les classes défense et autres relais de l’armée dans l’éducation ne cessent de se répandre. Il nous faut lutter contre la guerre car elle amène toujours le renforcement du militarisme et de l’impérialisme et parce qu’elle signifie toujours le sacrifice des populations quelles qu’elles soient. A la fin, ce ne sont jamais les travailleur.ses et les populations qui gagnent.
Cela se paie partout et va se payer partout.
Pour le service public d’éducation, les mesures délétères vont finir l’œuvre débutée depuis 2017 par Macron et Blanquer : priver l’école publique de l’ambition de réduction des inégalités. L’ampleur des suppression de postes sous couvert de la baisse démographique empêchera l’amélioration des conditions d’étude des élèves par la fermeture de classes plus de 240 dans l’académie pour le premier degré, à l’inverse nous ferons face à l’augmentation du nombre d’élèves par classe, ou la suppression de certains dispositifs ou de certains enseignements. Les conditions de travail des personnels en sont durablement dégradées, d’autant plus que l’école inclusive continue de ne pas recevoir les moyens nécessaires à un accueil digne. La FSU exige que des postes de remplaçantes et remplaçants et de personnels RASED soient créés et que soient maintenues les quotités des décharges de direction des écoles qui fermeront des classes, il en va de la sauvegarde de l’école publique.
Le mur démographique qui s’annonce doit permettre de mobiliser la profession et la population pour exiger que l’État assume ses responsabilités constitutionnelles vis à vis de la seule école publique laïque : il n’est pas question que des classes, des établissements publics soient fermés quand une offre privée continuerait à être financée par l’État. La FSU rappelle que l’argent publique doit être destiné à l’école publique et que les contournements de la réglementation du financement du privé dans l’académie sont légion alors que celui-ci ne respecte pas ses obligations de mixité et d’égalité.
En ce qui concerne les recrutements liés aux nouvelles modalités de concours, l’improvisation se poursuit… En l’état, les lauréat·es du concours externe à bac+3 ayant une L3 ou M1 ne pourraient pas bénéficier d’une quelconque prise en compte d’un rapprochement de conjoint·e ou d’une affectation simultanée entre deux lauréat·es pacsé·es/marié·es. Il n’y aurait pas non plus, pour ces lauréat·es, de prise en compte de bonifications liées à la situation administrative antérieure (non-titulaire de l’Éducation nationale ne remplissant pas la condition d’ancienneté pour être maintenu·e en académie ; AED et AESH ; titulaire de la Fonction Publique hors enseignant·e). Pour ces lauréat·es, seul le rang de réussite au concours serait pris en compte avec une priorité d’affectation sur le vœu 1 pour les “chargé·es de famille” ainsi que celles et ceux ayant une RQTH. La FSU continue d’intervenir pour exiger le rétablissement d’un barème pour l’ensemble des lauréat·es afin que toutes les situations soient correctement prises en compte dans le cadre de l’affectation. Nous demandons également la mise en place d’une véritable procédure de révision d’affectation. Sous le sceau de l’opacité, sans changement, l’acceptabilité des affectations sera extrêmement faible et les renoncements aux concours seront multipliés.
La FSU acte la réduction du parcours personnalisé en terminale bac pro et le retour des examens à la mi-juin. Toutefois la philosophie de tri inhérente à ce parcours reste toujours présente et les heures d’enseignement continuent de manquer. C’est pourquoi la FSU en réclame toujours l’abrogation. Avec le retour d’un poste de ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’apprentissage, sous la double tutelle Travail/Éducation nationale, le projet de démantèlement des lycées professionnels publics se poursuit. En mélangeant formation scolaire et apprentissage au sein d’un même portefeuille, le gouvernement veut imposer l’apprentissage comme unique horizon. Le retour de la tutelle du ministère du Travail confirme la vision purement utilitariste de l’éducation et notamment du lycée professionnel. Nous tenons aussi à dénoncer la mise en place de la dématérialisation des copies, les collègues de LP étant attaché·es aux corrections en commun dans les centres d’examen. Pour pallier a minima à cette dégradation de leurs conditions de travail, la FSU demande à ce que les collègues soient déchargé.es de leur cours sur le temps alloué à la correction, les élèves étant encore en cours contrairement à la situation au lycée général et technologique.
La publication des l’IVAC (indicateur de valeur ajoutée des collèges) et les récentes déclaration sur le concours général en collège vont encore accroître la compétition entre établissements. Les élèves sélectionné·es et poussé·es à passer ce concours subiront une pression supplémentaire, bien loin des enjeux d’un collège démocratisant. On le voit déjà avec les lycées : les établissements privés sous contrat présentent ces résultats sur leurs plaquettes publicitaires, s’appropriant sans vergogne les performances de leurs élèves.
Les mesures de rentrée 2026 concernant les ATSS, actées positivement par la FSU, restent malgré tout largement insuffisantes pour couvrir les besoins, et ne doivent pas faire oublier les difficultés de terrain comme le manque de matériel ( pc, tél …), l’application « LIEN » dont les remontées chiffrées ne reflètent pas notre travail en privilégiant peu d’items. Elles ne doivent pas non plus masquer (ou justifier) les velléités d’entraver l’émancipation et l’expertise des infirmières par une structuration rampante en service, sous une tutelle médicale qui ne se justifie pas et dont le Ministre nous a assurées ne pas vouloir. Nous rappelons que les textes de 2015 sur la politique éducative sociale et de santé sont toujours en cours et doivent être appliquée sans réécriture, comme certains départements l’envisagent pourtant.
Ce sont autant de points qui dégradent la réponse aux besoins croissants des élèves mais aussi les conditions de travail des infirmières et réduisent in fine l’attractivité de cette profession pourtant essentielle.
Tous ces choix entraîneront un maintien des inégalités scolaires dont les enfants des classes populaires paieront comme toujours le plus lourd tribu. Enfants de milieux populaires que le gouvernement tentera de perfidement happer dans des dispositifs qui favorisent la militarisation de la jeunesse en leur faisant miroiter des formations militarisées, des points parcoursup, des crédits ECTS… Ce sont les personnels qui comme toujours vont tenir tous les bouts d’un fil maintenant bien tendu. Compter uniquement sur cet engagement pour que vive l’École publique laïque serait d’un cynisme irresponsable. La FSU de l’académie de Nantes refuse ce démantèlement larvé du service public d’éducation.
Enfin, alors que l’année scolaire termine son 2ème trimestre, nous ne comprenons toujours pas pourquoi les représentant·es des personnels du premier degré n’ont toujours pas de liste des personnels comportant leur fonction ainsi que le stipule le bulletin officiel du 31 octobre 2024. Nous vous demandons de les recevoir sans délai.
Vendée